La vie coule entre mes doigts. Je n'ai pas réussi à en trouver le sens. Je ne vis pas, j'aveuglette. Mal avec les autres, mal avec moi même. J'en veux aux gens de me renvoyer cette image de moi que je n'aime pas et je m'en veux de ne pas être capable de leur en imposer une autre. Je tourne en rond sans avoir le courage de changer. Il suffit d'accepter une seule fois d'obéir aux lois des autres, de vivre en conformité avec ce qu'ils pensent pour que notre âme se débine et se délite. On se résume à une apparence. Mais, n'est-il pas trop tard ? Ne suis-je pas déjà devenue cette femme dont je vois le reflet dans les yeux des miens ? A cette pensée, je frissonna. Je saisit la main d'Alexandre, la serra fort et, dans son sommeil, il lui rendit sa pression en marmonnant "Maman, maman...".Les larmes me montèrent aux yeux. Je m'allongeais contre mon fils, posa la tête sur l'oreiller et ferma les yeux.
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